Keith JARRETT (1945- )

Prenez le temps d’écouter ces illustrations sonores qui ponctuent la biographie!

Keith JARRETT est un pianiste de jazz américain, majeur. Né le à Allentown, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, il est le fils d’immigrants écossais et hongrois. Refusant une bourse pour étudier avec Nadia Boulanger, il accepte celle de la Berklee College of Music de Boston (USA), nous poussant à le considérer exclusivement comme un pianiste de jazz. Il a pourtant oscillé entre le  classique et le jazz toute sa vie, enregistrant des compositions de ces deux esthétiques : un challenge pour lui comme pour ses auditeurs.

Il se produit avec diverses formations, dont celle du célèbre batteur Art Blakey en 1966.

Il intègre aussi le groupe de Charles Lloyd, aux cotés de Jack DeJohnette, Cecil McBee ou Ron McClure) et devient la nouvelle révélation du piano.

Charles Lloyd – Forest Flower : Charles Lloyd – tenor saxophone, flute – Keith Jarrett – piano – Cecil McBee – bass :

En 1968, Keith forme un trio avec Charlie Haden à la basse, et Paul Motian, à la batterie, et commence à enregistrer sous son propre nom. Son trio devient quartette après l’arrivée du saxophoniste Dewey Redman.

Death & the Flower  : (mettre le curseur à 6:00 minutes, car l’introduction est longue:

En 1970, Keith intègre parallèlement le groupe de Miles Davis, aux claviers électriques (qu’il n’aime pas), tout en menant une carrière de sideman (accompagnateur).

Son premier album en solo Facing You est réalisé en 1972. Il introduit une association avec le label allemand ECM, produit par Manfred Eicher, avec qui il enregistrera 60 albums tout au long de sa carrière . En 1975, il enregistre un concert en solo à Cologne (The Köln Concert, 1975); bien que très populaire, cet album n’est pas, à mon avis, le meilleur de ses albums en solo. Les enregistrements japonais  de 1976: « Sun Bear Concerts » sont a mon avis, une pure merveille !:

1976 : « Sun Bear Concerts » : « Tokyo Encore » :

Keith Jarrett – « Sun Bear Concerts »  : Kyoto Part 1 :

Parallèlement, Keith Jarrett forme son quartette, appelé « quartette européen« , avec Jan Garbarek aux saxophones, Palle Danielsson à la contrebasse, et Jon Christensen à la batterie, sans délaisser sa formation américaine.

Keith Jarrett, Jan Garbareck, Spiral Dance :

La soif de l’improvisation complexe était déjà lancée au sein de sa formation des années 70 avec Charlie Haden, Paul Motian – 1972 Paris :

Au niveau de la recherche et de la liberté d’improvisation, on pourra les mettre en parallèle avec le Trio constitué de Garry Peacock et Jack Dejohnette, notamment sur l’album « Changes » de 1983 : (on appréciera la couleur bluesy de l’interprétatio et le swing du batteur Jack Dejohnette…)

La conception de l’espace inhérent au trio permet une liberté improvisationnelle. On perçoit le futur trio « Standard » des années 80

Keith Jarrett, Jan Garbareck et Jon Christensen de 1979 :

C’est la dissolution du quartette américain en 1976 et du Belonging Band (quartette européen) en 1979.

Il enregistre en trio avec le contrebassiste Gary Peacock, le batteur Jack DeJohnette l’album « Tales of Another« . Ce trio ne cessera jamais d’enregistrer et de se produire : il est une des formations de jazz les plus en vogue depuis les années 1980. Les musiciens se sont concentrés souvent sur l’approche des standards et de leurs improvisations.

Entre les années 1970 et 1990 Keith Jarrett se tourne aussi vers l’expression et la scène classique, à l’orgue, au clavecin. Il interprète des oeuvres de Bach, Haendel, Mozart, Chostakovitch, ainsi que des compositeurs contemporains.

On ne peut comprendre le parcours d’un musicien sans connaître ses cheminements et expériences. En écoutant les compositions d’Avro Pärt interprétées par Jarrett dans les années 1980, on comprend mieux ses enregistrements qui ont suivi; Recherche d’espace et de résonance, couleurs d’accords :

Gidon Kremer (Violin) and Keith Jarrett (Piano) – « Fratres »  (From Arvo Pärt‘s « Tabula Rasa » (ECM – 1984)) :

À la fin des années 1990, atteint du syndrome de fatigue chronique, Keith Jarret se fait plus rare. En 1998, sa mobilité étant réduite par la maladie, Jarrett enregistre à son domicile The Melody At Night, With You, recueil de standards interprété en solo.

Au sortir d’une longue absence, il enregistre le merveilleux album de 1987 :  « Changeless« , dans le quel on trouve le morceau « Endless » : si l’influence du classique se fait sentir, l’ostinato au tempo immuable sert aussi de support à une riche improvisation ; on appréciera l’indépendance ou la coordination des mains du pianiste, qui exploite des polyrythmes presque Debussystes :

Entre le classique, le blues et le jazz : expression, espace, couleur

Depuis 2000, à l’exception de Jasmine enregistré en duo avec Charlie Haden, Jarrett oscille entre sa formation en trio et le piano solo.

De nombreux enregistrements ont été faits avec le « Trio Standards », composé de Gary Peacock, et Jack Dejohnette. On peut retenir une sélection:

Keith Jarrett trandards Trio :

1. I Wish I Knew
2. If I Should Lose You
3. Late Lament
4. Rider
5. It’s Easy to Remember
6. So Tender
7. Prism
8. Stella by Starlight
9. God Bless the Child
10. Delaunay’s Dilemma

En Live et sur vidéo : Standards II  :

Still Live

Live in Japan 1996 :

 

Live en Solo :

Sur cette vidéo, Jarrett retrace sa vie musicale  (pour ceux qui maîtrisent l’anglais) :

Keith Jarrett The Art of Improvisation :