Gustav Mahler (1860-1911)

Gustav Mahler est un compositeur, chef d’orchestre, et pianiste autrichien. Issu d’une famille juive modeste de Kaliště, dans la Bohème de l’Empire d’Autriche (République tchèque actuelle)euxième enfant d’un couple désuni ; Il perd une partie de sa fratrie à un âge assez jeune.

Très actif comme chef d’orchestre, de son vivant, il s’impose aujourd’hui comme un compositeur majeur. Sa singularité repose sur l’utilisation d’une vaste palette sonore immensément riche de couleurs et de timbres, et sur une écriture originale, qui fait de lui un compositeur charnière entre la fin du XIXe siècle et la période moderne.

Il est l’auteur de dix symphonies, (l’orchestration de la dernière étant inachevée) et de plusieurs cycles de lieder. Ses lieders sont baignés de couleur populaire ; le folflore bohémien de son enfance nourrit sa musique vocale.

Biographie

Sa famille s’établit dans la ville d’Iglau en Moravie, où Gustav passe son enfance. En 1875, il est admis au conservatoire et à l’université de Vienne, où il étudie le piano avec Julius Epstein, et suit des conférences données par Anton Bruckner. Il est le condisciple de Hugo Wolf. Compositeur par volonté, il est chef d’orchestre par nécessité.

Baptisé à l’âge de 37 ans, il reste très concerné par son identité juive, et souffrira d’antisémitisme auprès du public ; sa musique sera bannie sous le Troisième Reich.

Il épouse  Alma Schindler, fille du peintre Emil Schindler.  Issue d’un milieu cultivé et excellente pianiste, la jeune fille étudie la composition avec Alexander von Zemlinsky, beau-frère et ancien professeur d’Arnold Schönberg.

Cette union permet à Gustav de rencontrer de grands artistes, comme  l’avant-gardiste viennois Arnold Schönberg, dont Mahler devient le défenseur.

Suite à quelques problèmes familiaux (le couple perd un enfant, et se déstabilise), Gustav consulte Sigmund Freud. L’entretien semble avoir été bénéfique : Alma et Malher resteront unis.

Célèbre comme compositeur en 1901, il devient le Directeur de l’opéra de Vienne, ce qui constitue l’apogée de sa carrière. Le sens artistique de ses productions donne à l’institution un gage de qualité jamais égalé auparavant. Victime d’antisémitisme, malgré sa conversion catholique, et la position qu’il opte dans le conflit qui oppose les « modernistes Wagneriens » aux « traditionalistes Brahmsiens », il quitte l’opéra de Vienne en 1907. La pression de l’épouse de Wagner, Cosima, est surprenante, si l’on convient du soutien  que Mahler manifesta pour la musique de son mari, à travers son travail à l’Opéra de Vienne :

  • La direction de « Lohengrin » et de « Tristan et Isolde » avait valu un immense succès à Gustav: sa collaboration avec le metteur en scène Alfred Roller en 1903, allait métamorphoser le paysage de la scène lyrique viennoise. Tous deux, fervents de la pensée freudienne, ouvrant les voies du psyché, et proposant au public une esthétique radicale, constituée d’architectures sobres, mises en valeurs par des lumières de couleurs, chargée de significations symboliques. Une direction d’acteur  incisive apportaient au théâtre wagnérien une nouvelle dimension, proposant désormais un spectacle total, dans lequel scène et musique devenaient indissociables.
  • Mahler constitua à Vienne une équipe de chanteurs majeurs,  et engagea deux jeunes chefs d’orchestre pour le seconder, Fanz Schalk et Bruno Walter.
  • L’intensité de cette période ne freina que quelques temps sa productivité personnelle, puisque 1899 verra naître la 4e Symphonie, 1900 un ensemble de lieder (Rückert, Kindertotenlieder), puis chaque été suivant une grande symphonie orchestrale (5, 6, 7).
  • Le mariage de Mahler et Alma Schindler en 1902 se révélait tumultueux, et l’introspection du compositeur qui en découla le stimulait à se concentrer sur son oeuvre. Mais des campagnes de presse antisémites freinaient Mahler à s’attacher à la divulgation de son œuvre. Le décès de sa fille aînée Maria, acheva de le déstabiliser. En 1907, Felix Weingartgner, compositeur et chef renommé, succédait à Mahler, qui pu alors accepter le poste de directeur musical du Metropolitan Opera de New York.

 

 

Il fini sa carrière à lOrchestre philharmonique de New York, et réalise des tournées en Europe.

Il contracte une infection généralisée, et décède d’une endocardite le (à 50 ans), laissant inachevée sa Dixième symphonie (seul l’Adagio initial sera achevé).  Il est enterré dans la capitale autrichienne, au cimetière de Grinzing.

Son œuvre se partage entre une quarantaine de lieders et 10 symphonies (dont une inachevée). Malher fait partie des grands du lied. Le corpus de ses lieders ne peut se détacher du reste de son oeuvre, qui porte leur empreinte. Le lied nourrit ses quatre premières symphonies, et partiellement des 5e et 6e symphonies.

1884-1885 : Malher compose les Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d’un compagnon Errant), cycle de quatre chants, dont une version initiale pour chant et piano, puis une seconde avec accompagnement d’orchestre. Ce cycle est le fruit de son expérience amoureuse de 1884, avec Johanna Richter. Le compositeur en évoque la rupture dans ses propres poèmes (3 sur les 4) , précédés d’un poème d’origine populaire du même climat. Il décrit quatre instants de l’errance d’un individu hors siècle, et hors société. Le cycle est unifié par l’intervalle de la quarte (4te). Aucun des 4 lieders ne termine par le ton de l’introduction (errance).

« Les lieder n° 2 et n° 4 du compagnon errant  » fournissent une part de la matière thématique des 1er et 3e mouvements de sa 1ere symphonie « Titan », qu’il écrit en 1888 (et remanie jusque 1903), et qui représente la naissance de l « être symphonique » de Malher. Le thème du cycle est typique du romantisme allemand : « celui du héros déçu, victime innocente de la destinée, qui erre sans but, et recherche au loin, l’apaisement de ses peines ». Chez Malher, le poème est utilisé pour parler de soi, et toujours écrit pour voix d’homme Image de prévisualisation YouTube

En 1886, Malher est engagé à l’Opéra de Leipzig comme assistant d’Arthur Nikisch, et compose sa Symphonie nº 1, qu’il crée en 1888 . Mal  reçue, la symphonie n’est pas jouée, ce qui vaut à son compositeur de démissionner de l’Opéra.

Engagé à l’Opéra Royal hongrois de Budapest, au sein duquel Malher est nommé , il crée sa symphonie dans sa version originale terminée à Leipzig, comme Poème symphonique en deux parties et cinq mouvements ; mais la 2e partie de cette symphonie est mal reçue; le public indigné, est hermétique à son aspect novateur. Le compositeur est accusé de défier toutes les lois de la musique, et son poème symphonique est considéré comme vulgaire et absurde.

De nombreuses corrections en 1894, 1896 installeront sa version définitive en quatre mouvements; encore critiquée, elle sera légèrement réorchestrée en 1903.

Notons que cette symphonie a pourtant suscité l’admiration de Johannes Brahms. Le chef d’orchestre Bruno Walter, ami et interprète favori de Mahler, a réalisé une transcription de la symphonie pour piano à 4 mains.

Pour ma part, cette symphonie est une des plus belles du compositeur, et je conseille à tous de l’écouter plusieurs fois avec attention afin de se l’approprier. Image de prévisualisation YouTube[/youtube]

 

 

 

 

 

et les Lieder aus « Des Knaben Wunderhorn ». Image de prévisualisation YouTube

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Nommé premier chef à l’opéra de Hambourg en 1891, il y reste jusqu’en 1897. C’est son premier poste de longue durée.

 

 

Malher est la tout premier compositeur à utiliser le grand orchestre symphonique de la fin du 19e siècle en compositeur du 20 e siècle, utilisant un réservoir de couleurs décuplant le pouvoir de suggestion et le raffinement de la musique

 

L’œuvre de Mahler en 6 dates :

1884-1885 : Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d’un compagnon Errant)
1888-1896 : Symphonie numéro 1 « Titan »
1888-1894 : Symphonie numéro 2  « Résurrection »
1901-1904 ; Kindertotenlieder (Chants pour des enfants morts)
1903-1904 : Symphonie numéro 6 « Tragique »
1908-1909 : Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre)

La vie de Mahler en 6 dates :

1883-1885 : second Kapellmeister à l’Opéra de Kassel, il y rencontre Johanna Richter à qui il dédie les Lieder eines fahrenden Gesellen
1886 : Il dirige à l’opéra de Prague des représentations de Mozart, Gluck, Beethoven et Wagner
1888-1891 : directeur musical de l’Opéra Royal de Budapest
1897- 1908 : Il dirige l’opéra de Vienne
1901 : il épouse Alma Schindler
1908 : Il dirige au Metropolitan Opera de New York.